Prendre enfin conscience

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Prendre enfin conscience

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La critique comme exutoire

J’ai fini par être convaincu depuis bien longtemps que l’expérience nous enseigne mieux que les conseils. Depuis de nombreuses années, je n’ai cessé de taper sur les dirigeants Gondwanais. Parfois les critiquant frontalement et prosaïquement d’autres fois métaphoriquement grâce au pays imaginaire du Gondwana. Mes métaphores étaient à peine voilées et le pays en question est presque toujours évident. Selon le camps sur lequel je tapais, on m’attribuait l’étiquette du parti adverse. L’évidence partagée uniquement par mes détracteurs est que le monde est divisé en 2 parties: le bien et le mal. Tous ceux qui ne soutiennent pas un camp sont forcément dans l’autre. Ils oublient trop souvent les nuances de gris dans lequel semble se trouver un nombre incalculables de silencieux.
Système de santé fragile, système éducatif toussoteux, accès à l’internet limité, contenus web adaptés trop peu existants, etc. sont les récriminations que je prenais plaisir à ressasser.
Le crier aux gouvernants ne servait plus à rien parce que les contemplateurs de chaque camp habitués à réagir par a coup et féru des coups d’éclats et buzz, avaient le loisir d’intercepter ces supplications et ne savaient que s’indigner ou défendre.

La véritable apocalypse : la révélation des carences

Puis survint l’apocalypse. De mémoire de vivants, c’était la 1ère fois que l’homme était à l’arrêt. Obligé de se calfeutrer sans autre solution.
Déjà divisé en 2, la scission du globe encore plus évidente donnait raison aux lanceurs d’alerte. Le Gondwana était et est fragile. La Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina, le Mali, le puissant Nigéria, le Congo, etc. se réveillaient un matin pour constater l’horreur. Un exercice auquel les gouvernants n’étaient pas habitués s’imposait à eux. Rendre des comptes, s’expliquer, donner l’information. Pas la demi-information que l’on donne aux journalistes pour se faire mousser et dire qu’on travaille. Mais une information qu’il n’était plus possible de cacher : 56 lits de réanimation au Sénégal, 50 lits de réanimation en Côte d’Ivoire. Les nombres doivent être avoisinants au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, au Bénin, au Togo.
Ils se rendaient compte qu’ils n’avaient pas grand chose trop occupés à vanter leur taux de croissance qui n’avait que peu de signification. À tel point que le Champion d’Afrique fut obligé d’en appeler à de généreux donateurs. Le Nigéria, le grand Nigéria obligé de “mendier” des respirateurs à un individu. On se dit alors que le mal semble profond.

On est en difficulté et les difficultés peuvent se comprendre mais lorsqu’on s’appelle Mahommadu Buhari, qu’on est le chef de l’État mais qu’en 2017 on a passé 107 jours pour se soigner au Royaume-Uni, ou qu’on s’appelle Ali Bongo et qu’on a passé 150 jours en Arabie Saoudite puis au Maroc (2019) ou encore Alassane Ouattara et qu’on a fait 30 jours en France (2013) ou Paul Biya et qu’on a fait 34 jours en Suisse (2016), tous pour des raisons de santé, une fois de retour au pays on se pose des questions : mais comment feront pour se soigner, les petits artisans, les agriculteurs au fin fond de la campagne qui pourraient souffrir de mon mal mais n’ont pas la possibilité d’aller si loin pour bénéficier des meilleurs équipements ? Et si…

Je disais à des amis que cette semaine j’avais sursauté lorsqu’après avoir entendu le nombre de lits de réanimation de l’ensemble de la Côte d’Ivoire, à savoir 50, c’était peu ou prou le nombre de lits de réanimation d’un hôpital parisien comme le CHU de Bichat (l’Hôptial Bichat-Claude-Bernard) qui se targue de pouvoir transformer ses lits de soin intensif et d’autres lits en lit de réa et atteindre ainsi 150 lits de réanimation, l’équivalent de 3 pays africains. Le dire ainsi paraît méprisant mais le mépris ne vient-il pas plutôt de ceux qui nous gouvernent?

Lit de réanimation

La vérité est là, crue et le seul espoir pour éviter que cette pandémie frappe durement l’Afrique, c’est de crier à Dieu pour qu’un remède soit trouvé à court terme sinon toutes ces populations courent vers un désastre, vers une géronticide… une extermination des personnes âgées.

Et après?

Que restera-t-il à faire ? Que faire face à toutes ces insuffisances? Que faire face à ces manques? Colmater les brèches comme d’habitude. Croiser les doigts. Prier et encore prier et espérer qu’on n’aura plus d’autres crises sanitaires convaincus que personne ne tirera les leçons.
Pour l’instant, effectuons les gestes barrières et la distanciation sociale, après nous réglerons nos comptes avec gouvernants. Ils nous doivent bien ça…

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